
Le contexte politique mondial comme français, le contexte économique, les tensions sociales génèrent de fortes incertitudes : Comment gérer l’incertitude ?
Tout le monde s’accorde à le dire, quel que soit le domaine dans lequel on intervient. À l’échelle de l’entreprise, les approvisionnements présentent une part de risque, les recrutements aussi avec de vraies mutations en cours, les réalisations qui découlent de l’efficacité de la supply chain comme de l’efficience de la main-d’œuvre, les exportations sont incertaines avec des droits de douanes qui évoluent presque au jour le jour, et des règles qui variant au gré des récriminations des uns et des autres peuvent transformer le résultat du tout au tout. Les services support comme la qualité sont concernés, tout comme l’informatique et, de manière logique, les projets et ceux qui les conduisent se trouvent parfois immobilisés.
Selon la théorie de la décision, on distingue le risque mesuré et l’incertitude non maîtrisable. Le contexte actuel nous invite à nous pencher sur ce sujet : gérer l’incertitude au quotidien.
Le risque silencieux
Si on reconnaît les craintes mondiales sur le plan politique et celles sectorielles, liées à des règlementations précises (comme les douanes ou le textile), une crainte semble paralyser et fasciner tout autant : l’IA.
Si certains y voient une bulle spéculative (1), avec seulement 5 % d’entreprises ayant eu un retour sur investissement selon le MIT, pendant que d’autres travaillent à sa régulation, le fait est que l’IA révolutionne déjà le positionnement de nos jeunes. Une étude récente (2) montre par exemple que l’usage des modèles de langage est désormais massif parmi les 13-25 ans. Si on s’interroge quant à leurs futurs capacité de raisonnement, eux-mêmes commencent à émettre des doutes quant à la pérennité de leurs compétences s’ils choisissent le développement informatique, ou même le marketing, qui nécessite aujourd’hui moins de personnel (3).
De plus, nombreux sont les chefs d’entreprises déconcertés devant leurs jeunes recrues qui se “jettent” sur leurs IA pour répondre aux problématiques. Mais ce n’est pas qu’une affaire de générations : selon un baromètre Ifop/Talan, (4) 45 % des Français utilisent déjà l’IA générative régulièrement, toutes classes d’âge confondues. Si les plus jeunes l’adoptent spontanément, les plus âgés avancent avec davantage de prudence. Cet écart illustre bien que l’IA n’est plus une curiosité mais un outil qui transforme en profondeur les pratiques professionnelles.
On pourrait même aller plus loin : est-ce que ce risque silencieux n’a pas tendance à tout freiner ? Est-ce que les projets ne sont pas mis en attente, le temps que la solution soit “plus mature” ? Est-ce que les recrutements de cadres ne sont pas conditionnés à une vision plus claire des futurs besoins une fois les salariés tous augmentés à l’IA ?
Les options
Face à l’incertitude, il y a différentes attitudes :
- Ceux qui, sans indicateurs, sans boussole, portés par l’ambiance, laissent le pied sur le frein et attendent.
- Ceux qui sont habitués à gérer des risques provisionnent de toute part, s’appuyant sur des AMDEC ou la norme ISO 31000, et finalement, si ce sont eux qui tiennent les commandes, le véhicule s’arrête, ou se lance dans un grand ralenti si on est à bord d’un vrai paquebot.
- Ceux qui osent et veulent y croire, malgré tout, continuent leurs investissements, profitant des creux de vague pour se réorganiser, préparer les voiles pour être prêts quand ils seront sur la crête.
Préparer les voiles, c’est continuer les projets, rester ouverts et au fait de ce qui se passe dehors, dans les labos, dans les start-ups et ne pas croire que d’un coup de baguette magique, quand l’IA générale (rêve peut-être encore hors de portée ?) sera généralisée, on transformera les organisations sans heurts et sans préparation.
D’ailleurs, les heurts et échecs sont bien souvent des sources d’enseignement. “Soit je réussis, soit j’apprends” disait Nelson Mandela. La théorie de la veste d’Annabelle Roberts ou encore le mantra de 1 échec par jour de Catherine Barba, multi-entrepreneuse et fondatrice d’Envi, nous incitent aussi à l’action (comme le second principe de thermodynamique qui, pourquoi pas, pourrait s’appliquer à nos vies : l’entropie augmente !).
Actions concrètes
Personnellement, je crois aux “petits pas”, à une amélioration continue qui ouvre aux nouvelles habitudes et aux nouvelles technologies et, comme l’explique Roy Lewis dans Pourquoi j’ai mangé mon père, à suivre notre instinct parfois un peu dangereux…
Face à nos incertitudes, nous pouvons appliquer des méthodes simples (4) :
- simplifier : se poser les bonnes questions, automatiser des actions pour libérer du temps sur ce qui compte vraiment,
- décider vite en pas à pas : travailler en mode agile, décomposer en étapes courtes et mesurables pour éviter l’immobilisme,
- anticiper : même si la prospective est complexe, dans son propre domaine d’expertise il est possible d’arriver à des conclusions fiables en croisant les avis et en observant les signaux faibles.
Clairement, mes clients qui, avec optimisme, osent agir aujourd’hui et récoltent déjà les fruits des actions menées. Rendez-vous ici.
Enfin, pour citer Laurent Lairy, président du Stade Lavallois et auteur de Ma petite voix : l’intérêt dans la vie, c’est l’incertitude !
(1) France Culture – La bulle de l’IA est-elle prête à éclater ?
(2) Étude Ifop/Talan sur l’adoption de l’IA générative
(3)Le Monde – L’IA redéfinit les compétences techniques
(4)arXiv – Is ChatGPT Massively Used by Students Nowadays?

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